Allergie

Et si c'était la rhinite allergique ?

La douceur des températures est désormais bien installée, et la lumière retrouvée nous met du baume au cœur. Mais vous faites peut-être partie de ceux pour qui la renaissance de la nature signe le retour du nez qui coule et des yeux qui démangent. Si tel est votre cas, vous souffrez sûrement de rhinite allergique. 
D’où vient cette affection, bénigne dans la plupart des cas ? Comment se manifeste-t-elle, et combien de personnes sont atteintes aujourd’hui en France et dans le monde ?

Au sens médical du terme, le mot rhinite décrit l’irritation et l’inflammation des muqueuses nasales. Dire qu’elle est allergique, indique qu’elle est le résultat d’une réaction à un allergène, c’est-à-dire une substance qui provoque une réaction allergique.

La rhinite allergique, quelles différences avec le rhume ?

Dans le cas de la rhinite allergique, qui peut être saisonnière ou perannuelle, les trois allergènes les plus fréquents sont : les acariens de la poussière de maison, les pollens de graminées et les chats. Il faut  savoir que les manifestations de cette rhinite peuvent se révéler très handicapantes, et conduire à un asthme.

Comme dans le cas d’un rhume, la rhinite allergique provoque des salves d’éternuements, avec écoulement nasal ou nez  bouché. Cependant, l’écoulement nasal est  fluide et incolore. En revanche, si vous avez un rhume, les sécrétions seront épaisses et jaunes. De plus, la rhinite allergique, contrairement au rhume, s’accompagne très souvent de picotements et de démangeaisons, au niveau du nez, des yeux et de la gorge. Enfin, elle ne provoque pas de fièvre ni de maux de tête.

Rhinite chronique ou saisonnière ?

En fonction de vos symptômes et des allergènes en cause, on distingue habituellement deux types de rhinites :

- La rhinite allergique saisonnière : elle survient tous les ans à la même saison, au moment de la concentration des pollens dans l’air. C’est elle qu’on appelle communément le « rhume des foins ».

Contrairement aux idées reçues, ce type de rhinite n’a pas l’apanage du printemps. En été, elle peut se manifester en réponse du corps aux graminées (blé, maïs, foin), et de la fin de l’été à l’automne, aux herbacées (gazon, herbe). Enfin, chez les personnes sensibles, l’allergie peut commencer dès le mois de janvier. Ceci est dû aux  arbres qui pollinisent précocement, tel le cyprès dans le Sud de la France, et le frêne, le noisetier ou l’aulne au Nord de la Loire et en Ile-de-France.

La rhinite allergique chronique : on dit qu’elle est « perannuelle » car elle se manifeste tout au long de l’année, en réaction aux acariens (poussière de maison), aux moisissures, aux phanères (griffes, poils, squames..) et à la salive des chats ou des chiens.

Dans tous les cas, il est important de consulter votre médecin qui pourra établir un diagnostic clinique. Selon la gêne occasionnée dans votre vie quotidienne par les symptômes, et la fréquence de ceux-ci, une désensibilisation pourra être envisagée.

Demain, tous allergiques ?

S’il est difficile d’obtenir des chiffres récents sur le nombre de personnes souffrant de rhinite allergique en France, il est désormais établi que cette affection respiratoire chronique est liée à notre mode de vie.

Le Dr François Hibou, médecin généraliste et responsable du centre de compétence médecine anthroposophique au sein du Groupe Weleda en Suisse, explique que 
« L’hypothèse hygiéniste indique que de nos jours, nous sommes moins en contact dès l’enfance avec microbes et infections, et que notre immunité ne se développe pas de la même façon. Les enfants qui grandissent dans un environnement en contact direct avec des animaux de ferme ont moins d’allergies. En effet, bâtir un système immunitaire solide est un véritable apprentissage ; on dit même qu’il faut une centaine d’affections respiratoires au cours des premières années de la vie pour construire une immunité  ! »

Une enquête menée en France en 2006 et publiée en 2009, a révélé qu'un tiers de la population française est atteinte de rhinite allergique, avec des variabilités selon les régions (37% en Méditerranée, 26% dans le Sud-Ouest), et une prévalence plus marquée chez les jeunes (39% chez les 18-25 ans) et chez les femmes (36% vs 25% chez les hommes).

 

Au niveau européen, une étude internationale de l’asthme et des allergies chez les enfants (ISAAC International Study of Asthma and Allergies in Childhood) a été menée pour la période 1995-1996. Cette étude démontre que 11.5% des enfants âgés de 13 et 14 ans présentent des symptômes asthmatiques. Ce taux varie fortement entre les pays, allant de 2.6%-4.4% en Albanie, Fédération de Russie, Géorgie, Grèce et Roumanie, à 29.1-32.2% en Irlande et Royaume-Uni.

 

Actuellement, cette pathologie et ses dérives se propagent aux pays émergents (Brésil, Chine, Turquie, Iran…). Des enquêtes de prévalence sont en cours pour observer si l’évolution est comparable à celle des pays développés.