Dermatologie

Dr François Hibou :
« Le soin et la prévention au quotidien, clé de la santé de la peau.»

Sensible aux éléments extérieurs et reflet des événements intérieurs du corps, la peau en dit beaucoup sur le rythme du corps humain et son environnement. Elle est, à sa façon, un baromètre de la santé d’un individu et exige naturellement des soins appropriés et une alimentation saine.

 

 

Quelle place la peau trouve-t-elle dans l’approche médicale d’orientation anthroposophique ?

A l’instar de chaque organe qui compose le corps humain, la peau est un élément constitutif de l’individualité de chacun. Comme dans le reste de l’organisme, on peut y différencier ce qui relève de la perception, de l’information et de la structuration d’une part, ouvert à l’extérieur et aux agressions (système neurosensoriel au sens large), de ce qui relève de l’activité, du métabolisme et de la mobilité – par exemple ce que nos corps produisent de l’intérieur comme la chaleur, les mouvements, les sécrétions et la régénération des substances et tissus corporels. A tous les niveaux de l’organisme, l’équilibre doit être assuré par les rythmes biologiques qui font alterner ces deux modes et permettent l’adaptation de l’un à l’autre. Ainsi, dans le principal des rythmes qui est le rythme veille-sommeil, lorsque nous sommes éveillés nous sommes soumis à l’exposition au monde extérieur et à ses agressions et nous nous fatiguons, tandis que dans le sommeil la régénération reprend le dessus. La respiration est un autre rythme fondamental, dont l’importance pour l’harmonie et la santé est connue dans de nombreuses cultures. La spécificité de la peau c’est que les forces de structuration et de sensorialité y prédominent, au détriment de la vitalité, toujours menacée. La sensibilité mais également la vulnérabilité de la peau face aux agressions physiques (soleil, froid, pollution, tabac) ou psychiques (stress) fait partie de la nature de la peau humaine. Chez un animal à fourrure, la peau est organisée tout différemment, en lien avec l’adaptation à l’environnement naturel immédiat.
L’aspect « métabolisme et régénération » est bien évidemment présent mais doit précisément faire l’objet d’une attention particulière. Par ailleurs, la peau reflète le métabolisme du corps humain. Elle peut ainsi être un révélateur des dysfonctionnements (digestifs, etc.) intérieurs du corps.

 

 

Comment cela se traduit-il en termes de soins de la peau ?

Nous pouvons trouver dans la nature ce qui peut nous aider si nous savons reconnaître les correspondances entre l’organisme humain et la nature, non seulement d’une manière philosophique générale, mais aussi dans les détails. Ainsi par exemple la racine de la plante est en correspondance avec le système neurosensoriel, prépondérant au niveau de la peau. Le système neurosensoriel intègre les informations et aussi les substances de l’extérieur, de même la plante perçoit le sol et intègre eau et sels minéraux par la racine. On a découvert que les plantes échangent entre elles des informations par leurs racines : par exemple une plante en stress hydrique communique par ses racines l’information à une plante proche non stressée, qui réagit alors de façon préventive.
A l’opposé des racines, les fleurs et graines, qui sont productrices d’huiles essentielles ou de corps gras et notamment d’acides gras polyinsaturés, dont les fameux oméga-3,  sont en correspondance avec le métabolisme et la production de substances à forte énergie. Concrètement, une peau qui présente une régénération et un métabolisme affaiblis avec une prédominance du neurosensoriel (agression, dessèchement, vieillissement…) trouvera un facteur de rééquilibrage dans des huiles grasses insaturées telles que les graines de grenade, d’onagre ou d’argousier.

Inversement, un excès de métabolisme associé à un manque de structure  (acné, inflammation…) peut être freiné d’abord par une alimentation adaptée (notamment moins grasse et sucrée), mais aussi grâce à des extraits de racine ou de rhizomes (bardane, iris) qui stimulent les forces de structuration.

Quel rapport les hommes et les femmes entretiennent-ils avec leur peau ?

Sur le fond il n’y a pas de différences importantes entre une peau féminine et une peau masculine, si ce n’est celles acquises sous l’influence de facteurs culturels. En règle générale, les femmes sont plus attentives à leur peau et s’inscrivent dans le soin quotidien et la prévention. Les hommes ont tendance à s’en occuper seulement quand ils ressentent une gêne. En revanche, dans de nombreuses cultures traditionnelles, hommes et femmes apportent le même type de soin à leur peau. De ce fait, peaux féminines et masculines gardent un aspect très semblable. Il est vrai que du point de vue du vieillissement des tissus, les femmes ont un avantage lié aux hormones : leur peau offre naturellement plus de vitalité… jusqu’à la ménopause. Le vieillissement est plus progressif chez les hommes, chez qui par ailleurs rides et cicatrices sont souvent perçues positivement comme des marqueurs de virilité.
C’est peut-être en essayant de se dégager des stéréotypes et de s’occuper de la santé de la peau de façon proactive et au quotidien que l’on peut être le plus efficace, plutôt que de se focaliser sur les anti-quelque chose, anti-rides, anti-agressions etc. Dans ce sens, des produits naturels qui nourrissent la peau et maintiennent son équilibre en fonction de son type ou de la période de la vie sont ce dont la peau a vraiment besoin. La santé-beauté se construit aussi de l’intérieur, grâce à une alimentation riche en fruits, notamment en agrumes, avec une base de légumes frais colorés (carotte, potiron, betterave et chou rouge) ou soufrés (poireau, radis noir ou rose, oignon, chou, brocoli) et suffisamment d’huiles végétales insaturées (olive, poisson, colza, noix), régulière (sans grignotages), pauvre en viande, en graisses et en sucres. Est-il étonnant que ce qui est bon pour nos artères soit aussi bon pour notre peau ?

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