L‘allaitement maternel
Texte Agnès Ledig, ancienne sage-femme libérale

Vers un libre choix dans le respect des femmes.

Les sages-femmes sont en première ligne pour assurer le suivi médical et l’accompagnement des femmes durant toute leur vie, et en particulier lors de la naissance. Après l’accouchement, avec l’arrivée du bébé, la femme est souvent confrontée à des difficultés liées à l’allaitement, d’abord dans le choix de s’y consacrer ou non, ensuite dans la pratique qui n'est pas toujours aussi naturelle qu'on le pense.

 

 

L‘allaitement en quelques chiffres

D‘après l‘étude Epifane 2012 qui s‘est intéressée au taux d‘allaitement maternel à la naissance et au premier mois de l‘enfant, le taux de femmes qui allaitent est de 69 % en maternité (dont 60 % de façon exclusive), et tombe à 54 % à un mois (dont 35 % de façon exclusive). Ces chiffres sont en augmentation depuis la précédente étude de 2002 (54 % d‘allaitement en maternité), ce qui est assez encourageant. Cependant, le taux à 6 mois chute de façon vertigineuse, à moins de 20 %.

 

 

De l‘importance d‘une culture de l‘allaitement

Au vu de ces données, et lorsque l‘on compare la situation française à celle d‘autres pays, nous sommes en droit de nous demander si une culture de l‘allaitement existe en France. Mais qu‘est-ce qu‘une culture de l‘allaitement ? C‘est un ensemble de facteurs qui participent à la réussite de ce projet, tant sur le plan médical, grâce à des professionnels de santé formés, que par l‘intermédiaire des médias, qui communiquent dans le sens de la promotion de cette pratique. Enfin, la politique sociale joue un rôle très important. En effet, la reprise du travail, très précoce en France, signe souvent la fin d‘un allaitement, en tout cas exclusif. Nous avons malheureusement bien des progrès à faire dans notre pays sur ces trois aspects.

 

 

Le choix d‘allaiter

Si notre société peut encore s‘améliorer en ce qui concerne l‘accompagnement des femmes qui allaitent, elle permet aussi un libre choix, ce qui représente un confort indéniable pour les femmes. Dans certains pays, un enfant qui n‘est pas allaité risque de mourir. Aujourd‘hui, l‘existence de laits infantiles et l‘accès facile à de l‘eau potable permettent de pallier l‘absence d‘allaitement sans faire prendre de risque vital à l‘enfant. Il est à noter cependant que l‘allaitement maternel étant la norme pour l‘espèce humaine, programmée génétiquement, le non-allaitement peut entraîner un certain nombre de pathologies à long terme, ce qui devrait pousser les instances médicales à accompagner au maximum les femmes vers ce choix, et à installer l‘allaitement dans notre culture de façon plus évidente. Mais ce raisonnement pragmatique ne doit pas faire oublier que l‘allaitement ne se cantonne pas à un simple fonctionnement physiologique du corps. Il intègre la dimension cognitive et émotionnelle. Ainsi, il m‘est arrivé de rencontrer durant mes consultations de lactation des femmes qui voulaient allaiter mais dont le corps s‘y opposait. Parfois, la raison inconsciente était terrible : inceste, violences dans l‘enfance. Même si ces cas sont rares, ils doivent faire prendre conscience à tout professionnel qui accompagne une jeune mère que le choix d‘allaiter n‘est pas si simple. Il constitue le lait le plus adapté à la santé et à la croissance de l‘enfant. Oui, mais…La principale motivation dans le choix des femmes doit à mes yeux leur permettre de rester dans le respect d‘elles-mêmes. Elles font toutes de leur mieux, avec ce qu‘elles sont, ce sur quoi elles se sont construites et personne n‘est en droit de les juger sur une décision ou une autre. En résumé, il me semble capital d‘accompagner les femmes dans ce choix quel qu‘il soit et de permettre à celles qui allaitent de le faire dans les meilleures conditions possibles.

L‘allaitement fonctionne-t-il toujours ?

Nous l‘avons vu, les femmes sont génétiquement programmées pour allaiter. Notre cerveau reptilien, primitif, qui régule les principales fonctions vitales du corps, a pour objectif la survie de l‘espèce. Ainsi, il fonctionne de telle sorte que le petit d‘homme grandisse, donc que sa mère fabrique du lait. Partant de ce constat et sachant que dans les statistiques, seulement 1 % des femmes environ souffrent d‘une hypoplasie mammaire ne leur permettant pas de couvrir totalement les besoins de leur bébé, nous pouvons affirmer que l‘allaitement est prévu pour fonctionner. Alors pourquoi tant de femmes rencontrent-elles encore des difficultés dans la mise en route de l‘allaitement ? Parce que la culture n‘est pas ancrée dans ce sens. Combien de femmes sur le point d‘accoucher ont déjà vu couramment des bébés au sein, pour avoir un modèle de positionnement, de pratique ? Combien savent comment cela fonctionne à l‘intérieur de leur glande mammaire ? Très peu d‘entre elles, trop peu. Ainsi, les difficultés évoquées le plus souvent par les femmes (crevasses, manque de lait, douleurs) ne sont que la conséquence d‘un problème de mode d‘emploi. D‘autant plus que nos mères et nos grands-mères ont vécu leur allaitement dans un contexte fort de promotion des laits infantiles, et ont reçu la même information que les mères qui donnaient le biberon, la transmettant de la sorte à leur fille et petite-fille quand celles-ci accouchent. Or le mode de fonctionnement est totalement différent.

 

La relation maman bébé

Chaque femme dispose d‘une capacité de stockage de lait, fonction de sa glande mammaire (et non de la taille de ses seins), produisant du lait en permanence et d‘autant plus rapidement que les besoins sont importants. Ainsi, un sein vide fabrique très vite du lait pour être à nouveau en mesure de nourrir l‘enfant. Cela explique pourquoi une seule mère peut allaiter des jumeaux, mais aussi pourquoi aucune règle rigide n‘est applicable et que toute la dynamique de l‘allaitement s‘articule autour de cette capacité de stockage, et de la bonne interaction entre la mère et le bébé. Plus la proximité entre eux deux est importante, mieux cela fonctionne car l‘enfant doit pouvoir accéder au sein à la demande, en fonction de ses besoins et de la fabrication de lait de sa mère. Inversement, tout élément perturbateur dans ce mécanisme va entraver la réussite de l‘allaitement (limitation du nombre de tétées, tétine, douleur chez la mère la dissuadant de mettre son bébé au sein, etc...). Bien sûr, des cas particuliers existent, où l‘allaitement doit être un peu plus dirigé (bébés prématurés, hypotrophes, ictériques, …) mais ce n‘est pas l‘objet de cet article. Le sein fabrique du lait tant qu‘il se vide régulièrement, tant qu‘il a un intérêt à produire, et ce pour une durée assez longue. Toujours grâce à ce cerveau reptilien, le lait obtenu est de qualité optimale, survie de l‘espèce oblige. D‘autant plus dans nos pays où les femmes sont à l‘abri des famines. Ainsi, dire à une femme que son lait n‘est pas assez nourrissant, ou qu‘elle DOIT allaiter toutes les trois heures, dix minutes d‘un côté et dix minutes de l‘autre, c’est méconnaître le fonctionnement de l‘allaitement.

 

Réussir l'allaitement

Aujourd‘hui, de plus en plus de professionnels de santé sont formés à l‘allaitement et en particulier les sages-femmes puisque c‘est le cœur de leur métier. Les femmes qui souhaitent réussir leur allaitement, malgré le peu d‘expérience dont elles disposent se donneront toutes les chances d‘y parvenir en s‘entourant de gens formés et bienveillants, et en fuyant les avis négatifs qui fragilisent leur confiance. Car la confiance est la clé d‘un allaitement qui fonctionne. Oui, elles sauront quand et comment mettre leur bébé au sein, oui elles pourront allaiter longtemps car elles auront suffisamment de lait. Pour ma part, je leur conseillais de s‘informer durant la grossesse, par exemple pendant les séances de préparation à la naissance, mais aussi de demander un soutien à leur retour à domicile auprès d‘une sage-femme libérale puisqu‘il en existe sur tout le territoire. Une démarche essentielle qui guide les femmes vers l’épanouissement dans leur nouveau statut de mère et ce dans le respect d’elles-mêmes. C’est parfois si difficile d’y parvenir et pourtant tellement magique.

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Le métier de sage-femme

Le métier de sage –femme est une profession médicale à compétences limitées. Cela signifie que nous avons des responsabilités décisionnaires et un droit de prescription comme les médecins et les dentistes, mais que cela ne concerne que notre champ de compétences à savoir l‘obstétrique et la gynécologie. Les sages-femmes sont en quelque sorte les spécialistes de la femme.

Après cinq années d‘études, une première année commune à la faculté de médecine puis quatre années en école, la sage-femme est en mesure d‘occuper des postes très différents. Nous pouvons exercer en milieu hospitalier, en hôpital public, ou en clinique privée, mais aussi en libéral, et en PMI (protection maternelle et infantile). En ce qui concerne la diversité d‘activité, nous avons les compétences pour :
- le suivi médical de la grossesse
- les échographies (pour les échographies spécifiques de grossesse, les sages-femmes sont  titulaires d‘un diplôme universitaire en complément de leur diplôme d‘état pour pouvoir exercer)
- la préparation à la naissance
- le suivi de grossesse pathologique (sur prescription d‘un médecin)
- l‘accouchement physiologique
- la prise en charge et le suivi du nouveau-né
- les suites de couches ainsi que l‘accompagnement de l‘allaitement
- la rééducation du périnée
- le suivi gynécologique et la contraception
- L’IVG médicamenteuse
- la prescription de médicaments rendus éventuellement nécessaires

Cette compétence en suivi gynécologique est récente,  depuis 2009, et permet aux sages-femmes d‘assurer le suivi des femmes de l‘adolescence à un âge avancé en ce qui concerne leur sphère gynécologique, qu‘elles aient eu des enfants ou non : frottis de dépistage du cancer du col, examen des seins, prise en charge des pathologies bénignes, mais surtout accompagnement dans leur choix de contraception. La sage-femme est en effet habilitée à prescrire toute forme de contraception, adaptée au choix de la patiente et à ses contre-indications éventuelles, ainsi qu‘à poser les DIU (anciennement « stérilet ») et les implants contraceptifs. En cas de suspicion de pathologie, elle peut prescrire tous les examens de dépistage nécessaires et orienter vers un gynécologue si la pathologie est avérée.

En étant accessible librement pour les patientes, soit en libéral, soit en maternité, la sage-femme est en première ligne dans la prise en charge des femmes du moment qu‘aucune pathologie n‘est avérée. Elle a cette force de connaître parfaitement la physiologie de la femme, tant dans sa vie intime, en termes de contraception, de sexualité, d‘émotions, que dans sa vie de mère, lors de ce grand bouleversement qu‘est la naissance d‘un enfant.

Malheureusement, la profession est peu connue et beaucoup de patientes ignorent notre champ de compétences et notre accessibilité directe. Cela est très dommageable, car l‘accompagnement par une sage-femme est souvent très bien vécu par les femmes, qui y trouvent une oreille attentive et une grande empathie en plus des compétences médicales